Je ne peins pas des lieux.
Je peins des états.
Mon travail s’articule autour du paysage, non comme représentation, mais comme espace intérieur.
L’eau, la végétation, la couleur deviennent des matières sensibles, des vecteurs d’apaisement, de flottement, de passage.
Les œuvres se construisent dans le temps.
Elles ne décrivent pas un site précis, mais un mouvement :
s’enfoncer, traverser, ralentir, laisser surgir ou s’effacer une forme.
La couleur occupe une place centrale.
Elle n’illustre pas, elle agit.
Elle modifie l’espace, trouble la perception, installe un climat plus qu’un motif.
La peinture s’éloigne progressivement du réel pour rester fidèle à la sensation initiale.
Ce qui m’importe n’est pas la description, mais la justesse du ressenti, la lenteur du regard, la possibilité pour l’image d’abriter — ou parfois de créer un léger vertige.